Une journaliste juive "trop complaisante avec l'islam" a été licenciée

Olivia Cattan, présidente de Paroles de femmes, a été journaliste dans plusieurs médias, de France Soir à Tribune juive, en passant par le cahier économique du Monde. Elle a écrit de nombreux ouvrages sur le statut des femmes dans les religions et le vivre-ensemble. Depuis deux ans, la créatrice de l’émission Paroles de femmes oeuvrait pour le rapprochement des communautés juive et musulmane, la laïcité et l’émancipation des femmes sur l’antenne de Judaïques FM. Mais c’est avec stupéfaction qu’elle vient d’apprendre qu’elle était licenciée. Le motif invoqué : « sa bien-pensance ». Après les attaques contre Audrey Pulvar, le départ de Stéphane Guillon de France Inter, c’est au tour d’Olivia Cattan de payer le prix de ses convictions.

Ce licenciement est intervenu au lendemain du grand rassemblement Paroles de femmes-Les Marianne de la diversité, qui a réuni plus de 50 associations en présence de François Hollande et de nombreux artistes, comme Stéphane Freiss, Sylvie Testud, Marek Halter, d’élus, comme Arnaud Montebourg, Nathalie Kosziusko-Morizet, Chantal Jouanno, Rama Yade ou Pierre Aidenbaum, et de journalistes, comme Caroline Sinz.

Liberté d’expression

C’est vrai qu’Olivia Cattan a parlé du droit des femmes, de l’importance de la laïcité, de la résistance face à la précarité ainsi que de la stigmatisation injuste des quartiers populaires. C’est vrai qu’elle a osé réunir des féministes d’Algérie, de Tunisie, du Maroc, de Syrie et d’Israël, parlant d’une paix possible entre les peuples grâce aux femmes. C’est vrai enfin qu’elle a osé dire que François Hollande représentait celui qui pourrait apporter à la France un élan égalitaire et qu’elle s’est engagée à ses côtés pour cette campagne présidentielle.

Peu importe d’ailleurs la raison qui l’emporte, cette éviction est le symbole d’un manque de liberté d’expression qui pèse sur les journalistes aujourd’hui en France. Surtout quand ils ne vont pas dans le sens du vent mauvais islamophobe. « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. » La liberté d’expression ne doit pas seulement être invoquée lorsqu’il y a caricature.

Par Jean-Michel Décugis, Mélanie Delattre et Christophe Labbé

Source : Le point

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